Publié le 27 Juin 2008

J’ai franchi la frontière de la grande ruche bétonnée avec hésitation.

Comme si je vendais mon âme.

J’ai tout de suite perçu l’incongruité de ma réaction.

Ce n’est qu’une ville…

Et je vivais en ville ! Alors quoi ?

Cependant, je crois comprendre ce qui justifie mon malaise. Ce sont les vides.

Parmi eux, le plus dérangeant est le silence.

Cette absence de bruit engraisse mon angoisse. Ça rend l’atmosphère si dense

qu’il me pèse comme la pression des profondeurs marines.

Je me surprends à avoir le souffle qui me manque.

Je m’arrête.

Il faut que je respire …
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Rédigé par nkarna

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Publié le 15 Juin 2008

Il est indispensable que je cesse de me tenir à distance de la ville. Que j'arrête de fuir.
J'ai peur de ce que je pourrais bien trouver, mais, si la solution est là-bas.
Et puis ce sera plus simple pour moi de me mettre en sécurité.
Je vais quand même attendre le jour pour y aller.
Demain, je dois pénétrer la zone urbaine.
J'ai pas le choix...
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Rédigé par nkarna

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Publié le 16 Mai 2008

J'ai l'impression que la nature fait peu de cas de notre absence.
Je la vois s'épanouir comme avant.
Le fait est que j'accorde plus d'attention à sa majesté.
Je relève les détails de sa personnalité. Captant des subtilités qui m'échappaient jusqu'alors.
Je l'observe comme jamais.
Elle m'aide à fuir.

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Rédigé par nkarna

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Publié le 6 Mai 2008

J'étais en colère.
très en colère ...
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Rédigé par nkarna

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Publié le 27 Avril 2008

Pris de folie, j'ai tout cassé dans la maison.
Je n'avais plus conscience de rien, j'avais mal, c'est tout.
Ce n'est pas juste. Rien n'est juste.
Subitement, je m'effondre. Je commence à pleurer comme une tache.
Les larmes s'échappent de mon corps, à l'image d'une rivière en crue.
Je force pour me reprendre, que ça s'arrête. Mais rien n'y fait.
Alors, je finis par m'abandonner, je pleure comme au premier jour.
Huit années plus tôt.
Jamais, je n'aurais dû te perdre.
Jamais...

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Rédigé par nkarna

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Publié le 17 Avril 2008

Tout allait bien. Mais ...
Subitement, une poussée délirante me submerge. Je vois de drôles de choses, des images agressives, violentes. Je suis paniqué, comme enfermé en moi-même sans échappatoire.
De la lumière, c'est la fenêtre. Je veux sauter...
Mais soudain, le visage de Saafina est apparu.
Elle est là, devant moi. Si réelle.
Je pensais avoir oublié les traits de son visage. Elle semble si vivante. Je suis perdu.
Je l'aimais tellement, je l'aime encore. J'ai senti une défaillance de mon cœur.
Je veux la toucher, je veux qu'elle me parle, qu'elle me dise qu'elle est là pour moi.
Je veux pas qu'elle parte encore.
Mais c'est pas possible, elle est morte il y a huit ans.
On était tout l'un pour l'autre et elle est morte.
Je veux pas être déchiré une deuxième fois.
Saafina !

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Rédigé par nkarna

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Publié le 11 Avril 2008

J'ai marché quatre jours avant de tomber sur cette maison.
Elle est grande, sûrement des riches qui habitaient là.
Je ne me suis pas gêné, j'ai fouillé partout comme un voleur. Dans une chambre, j'ai trouvé une cigarette. Du genre qui fait rire bêtement.
J'ai jamais fumé de ma vie. Mais là, je m'en fous.
Je prends mon temps, je m'installe, relax.

Je veux oublier ... tout oublier.

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Rédigé par nkarna

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Publié le 2 Avril 2008

Un loup !
C'est un loup !
Je n'ai vu qu'une ombre.
Mais, cela a suffi pour que mon corps se refroidisse d'un coup.  Mes jambes flanchent. Il faut que je me ressaisisse. Que je me traîne à l'abri.
J'imagine le bestiau. Avec une bouche grande comme un gouffre et des dents surdimensionnées. C'est la bête du Gévaudan, le fossoyeur des plaines.
Je l'entends qui renifle ! il a senti mon odeur. J'ai peur ! j'ai peur !
Et en général, ces choses ne vivent jamais seules.
Là-bas, au-dessus des rayonnages brico ! la lucarne.
Je saute sur une étagère, et m'engouffre dans la petite fenêtre.
Mon sac me gêne un instant, mais je passe.
Maintenant, cours ! cours ! cours !

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Publié le 29 Février 2008

Je suis entré en courant et je me suis jeté, tel un morfal, sur les vivres. Pas de produits frais évidemment, mais les conserves ne craignaient rien.
Incroyable ! Les machines à froid étaient encore actives. Il y avait toujours de l’électricité.
Peut-être qu’en fin de compte je n’étais pas si seul que ça. Dans d’autres régions, il y avait sûrement des survivants qui tentaient de garder le monde sur ses pieds. J’espère que ce ne sont pas les mêmes qui l’ont bousillé.
Je pensais faire de cet endroit mon refuge. Après tout, c’est pas le proprio qui va venir revendiquer.
J’étais si occupé à me goinfrer, que je n’ai prêté attention à rien.
C’est au moment où je plongeais ma main dans une boite de cassoulet à la graisse de canard, que j’ai entendu le grognement.

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Rédigé par nkarna

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Publié le 22 Février 2008

Quand j’ai vu ce magasin, j’étais aux anges.
De la nourriture à foison, de l’eau, des couvertures et des vêtements de rechange.

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Rédigé par nkarna

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